La violence conjugale : de multiples formes.
Cet article a été rédigé en juillet 2008 par Isabelle Voidey.
La violence conjugale est l’utilisation
délibérée et récurrente
de plusieurs de ces formes de violence. C'est une atteinte
volontaire à l'intégrité de la
compagne, une
emprise, un conditionnement dont la victime peut difficilement sortir.
C'est un abus de pouvoir dans une relation
privilégiée,
où l'un des partenaires utilise un rapport de force pour
contrôler l'autre.
Ces comportements violents sont utilisés par
l’agresseur dans un but
de contrôle et de domination.
La
victime est toujours la même personne (Selon la Commission
Européenne la femme en est la victime dans 98 % des cas).
Cette violence
n'est pas le
résultat d'un simple conflit, ni un acte accidentel, pas
plus
qu'un symptôme d'une union en difficulté. Elle
s'identifie
par sa constance, ses comportements
agressifs à répétition, c'est
évidemment
sans commune mesure avec des disputes et conflits ponctuels entre
époux qui se respectent. C'est un comportement inacceptable
qui
tombe sous le coup de la loi. Les comportements violents s'exercent
sous différentes formes, et avec
régularité, ils
se multiplient et alternent avec des moments d'accalmie. Il s'agit d'un
processus qui destabilise la victime, et rencontre souvent
l'incompréhension de l'entourage et des professionnels.
Coups de poings, gifles, blagues humiliantes, séquestration, étranglement, brûlures, coups de couteau, sévices sexuels, sarcasmes, harcèlement, dénigrement, ordres contradictoires, éclats de voix, mépris, tortures, mutilations, roulette russe, menaces, destruction des biens de la victime...
Elle
s’associe aux autres formes de violence, elle est
permanente.
Il
ne s'agit pas de disputes entre conjoints, elle s'exprime dans un
rapport inégalitaire. Cette
forme de violence est considérée comme relevant
de la violence conjugale parce qu'elle est utilisée par
l'agresseur pour contrôler et détruire sa conjointe.
Très souvent, l'homme violent élève la voix pour proférer ses injures : "t'es juste une grosse vache !" ou ses menaces : " tu ne reverra plus jamais tes enfants ! " ou " si tu pars, je te tues !", ou encore ses ordres et interdictions : " je t'interdis de bavasser avec la voisine, sinon j't'en fous une !"
Mais un autre préférera un ton faussement doucereux : " tu crois que quelqu'un va croire une folle comme toi ?" et sa compagne reconnaîtra vite cette tonalité dangereuse, annonciatrice de remontrances et d'insultes.
Ou
encore, il adoptera un ton uni, habituel, mais extrêmement
cruel dans les propos. Ainsi,
sans porter de coups, au moins, dans un premier temps, l'homme violent
atteint son but : humilier et terroriser, créer un climat
d'insécurité pour que sa femme se conforme
à ses
exigences et accepte tout par peur qu'il ne mette ses menaces
à
exécution. Quelque
soit le ton utilisé, l'agresseur
envoie un message à la victime.
Il
s'agit de dévaloriser systématiquement sa
partenaire, en
privé ou en public, par des propos méprisants et
avilissants, de lui nier tout talent, ou toute capacité
intellectuelle : "comment, tu sais pas ça ?", "t'es
sûre
que tu vas y arriver toute seule ?", " je préfère
que tu
prennens un traiteur quand on reçoit les Durand"... Ces
paroles
ou comportements vexants, menaces et chantages, s'apparentent
à
du harcèlement moral.
L'homme peut aussi manipiler ses enfants contre leur mère.
Il
veut toujours avoir raison, n'écoute pas ou ne
répond
pas, ment, ne respecte pas ce qui a été
décidé, etc.
Souvent
subtile, cette forme de violence est difficilement identifiable mais
redoutable d'efficacité dans son travail de sape de l'estime
de
soi de la conjointe.
Celle-ci finit par être ébranlée dans
son
équilibre mental, et sans en être souvent
consciente,
intériorise une image d'elle-même très
négative, faite d'incompétence et de
médiocrité qui souvent la paralyse au point
qu'elle
n'imagine même pas pouvoir quitter son bourreau.
Un autre aspect est le comportement autodestructeur de l'homme dont il se sert comme d'une arme. Il menace de se suicider ou de faire du mal, de dire ou de faire des choses aux conséquences très facheuses, il boit ou se drogue.
-
des insultes ;
-
des remarques vexantes, des critiques permanentes sur ses pensées ou ses actes ;
-
un comportement de l’agresseur qui se présente comme celui qui sait tout, qui dicte ce qu’il faut faire, qui fait passer la femme pour folle ;
-
des chantages : en utilisant les sentiments, les enfants ;
-
des menaces : de représailles, de suicide, de viol, de prendre le droit de garde des enfants, d’être violent.
La violence physique correspond aux atteintes physiques au corps.
Quand un tel homme estime sa femme encore trop indépendante à on goût, quand les menaces ont échoué, il passe alors aux coups, à la brutalité et aux contraintes physiques.
Il secoue sa compagne, la giffle, lui broye les mains, l'attache, la laboure de coups de pieds dans la tête, dans le ventre même lorsqu'elle est enceinte ( entre 20 et 40% des femmes sont agressées pour la prmière fois lors de leur première grossesse...), la brîle avec des cigarettes, la jette dans les escaliers,etc. Il ne s'arrête pas toujours quand elle perd conscience, et il peut finir par la tuer. Il peut aussi la séquestrer, l'affamer, la priver de ses vêtements ou de chauffage...
Une femme violenbtée sur trois a déjà été menacée d'une arme à feu ou d'un objet tranchant, et trois victimes sur quatre craignent que leur conjoint ou ex-conjoint ne les tue. La violence extrême s'exerce souvent lorsque la femme cherche à quitter son conjoint.
Synthèse
d'après des études sur les violences physiques
conjugales :
C'est
la violence que les femmes ont le plus de mal à raconter.
Jusq'en 1983, le viol conjugal n'existait pas au regard de la loi. Et
le "devoir conjugal" dans le cadre de violences conjugales,
s'apparentent trop souvent pour ces femmes à une obligation
à laquelle elles ne peuvent ou ne pensent pas avoir le droit
de
se soustraire. Citons
aussi les moments où la femme, sous emprise, et
espérant
encore une amlioration de son couple, se soumet au rapport,
prête
à tout accepter pour faire plaisir à son mari. L'homme force sa compagne
à avoir des
rapports sexuels avec lui ou avec d'autres personnes, l'oblige
à
adopter des pratiques qui ne lui plaisent pas, use de contraintes
physiques humiliantes, (liens, morsures...), la contraint à
porter certaines tenues tout en l'injuriant. Parfois, cela peut aller
jusqu'à la prostituer.
La violence sexuelle peut revêtir un aspect
psychologique. L'homme peut humilier sa partenaire en la comparant
à ses dépends à des pin up de magasin,
lui
ordonner de prendre les mêmes poses, ou l'obliger
à
regarder des films X. Il semblerait que plus de la moitié
des
hommes violents soient de grands consommateurs de pornographie.
Attention, ils 'agit ici d'actes et d'intentions qui
n'ont rien à voir avec les ébats et pratiques
sexuelles
entre deux partenaires qui s'aiment et se respectent.
Le viol blesse une femme dans son être intime
plus profondément que deux côtes
cassées. La
souffrance psychologique est parfois tellement intense que la femme
niera qu'il y a eu viol ou l'admettra avec difficultés,
pourtant
il semblerait que de nombreuses femmes maltraitées aient
subi
des violences sexuelles de la part de ceux qui sont censés
les
respecter le plus.
Synthèse d'après des études médicales :
Elle est
utilisée comme moyen
de contrôle permanent de la victime
en limitant ou supprimant son autonomie financière, et
s’associe à d’autres comportements
agressifs et
destructeurs.
Toutes
les formes de violences précitées peuvent
alterner dans
le temps, être indépendantes ou se cumuler avec
des
degrés divers dans la gravité des
brutalités.