Préparer le départ
Cet article a été rédigé en juillet 2008 par Isabelle Voidey.
Si
le processus de prise de conscience de la victime est
quelquefois
long, il arrive un moment où elle décide de ne
plus subir
de violences à son encontre. Si le départ
répond
à une situation d'urgence pour échapper
à une
crise paroxystique, il est primordial que la victime sache
où
pouvoir se réfugier dans les premiers temps.
Lors de ses démarches pour quitter son conjoint, la femme
aura
à surmonter de multiples difficultés
morales et
matérielles. Ce projet aura d'autant plus de
chances
d'aboutir s'il est prévu est organisé au
mieux.
Il ne faut jamais oublier que la femme est généralement sous l'emprise physique et psychique de son agresseur, et si certaines de ses attitudes peuvent déconcerter la personne aidante ou même inciter à l'abandonner, tant elle est parfois difficilement compréhensible ou cohérente, il ne faut pas se décourager mais continuer à la soutenir. N'hésitez pas à vous adresser à des associations spécialisées dans ce domaine.
Sécurité
de la victime et des enfants :
Beaucoup de femmes minimisent le danger qui
les menace.
Cette évaluation permet à la femme de mieux se
rendre
compte du danger de la situation actuelle. Elle permet d'organiser le
suivi et les aides à mettre en place. Attention,
l'époque
du départ est particulièrement dangereuse : c'est
souvent
lorsqu'elles partent du domicile que les femmes sont tuées.
Quelques questions simples permettent à la femme ou aux personnes qui l'aident d'évaluer la situation de façon complète, rationnelle, concrète, et de conserver son sang froid pour mieux se protéger :
Sécurité immédiate, si la femme s'est réfugiée en urgence dans un lieu public, chez des voisins...
- Si l'état physique et/ou psychologique de la victime le nécéssite, appeler le 15 ou le 18.
- Votre compagnon est-il ici ou
va-t-il venir vous chercher ?
- Devez-vous rentrer
à une certaine heure pour éviter d'être
frappée ?
- Voulez-vous rentrer avec lui ?
- Pensez-vous qu'il vaut
mieux retourner chez vous pour le moment ?
- Voulez-vous que j'appelle la police ?
-
Voulez-vous vous cacher et aller dans un centre d'accueil ?
- Risque suicidaire : la femme est en état de choc, anihilée et désespérée.
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Avez-vous déjà été désespérée au point de ne plus vouloir continuer à vivre ?
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Disposez-vous de médicaments, d'armes, d'une voiture ?
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Avez-vous déjà tenté de vous suicider ?
Risque létal :
Le risque : c'est la mort. Une femme meurt tous les trois jours, voire tous les deux jours, sous les coups de son compagnon.
la présence d'au moins trois de ces facteurs indique un risque létal élevé :
- La présence d'au moins trois de ces facteurs indique un risque létal élevé.
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La femme déclare avoir peur pour sa vie
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Les épisodes de violence contre la femme se produisent également en dehors du domicile
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Le partenaire est également violent à l'égard des enfants
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Il est également violent à l'égard des autres
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Il a également fait acte de violence pendant la grossesse
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Il a fait subir une violence sexuelle à la femme
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Il menace de la tuer et/ou de tuer les enfants et/ou de se suicider
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La fréquence et la gravité des épisodes de violences s'intensifient au fil du temps
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L'auteur des mauvais traitements abuse de drogues, notamment de celles qui aiguisent la violence et l'agressivité (cocaïne, amphétamines, crack)
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Elle projette de le quitter ou de divorcer dans un avenir proche
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L'auteur des violences a su que la femme avait cherché une aide extérieure pour mettre fin à la violence
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Il dit qu'il ne peut pas vivre sans elle, la suit et la harcèle même après la séparation
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La femme a déjà signalé des lésions graves et/ou très graves
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Il y a des armes (notamment à feu) facilement accessibles dans la maison
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L'auteur des mauvais traitements a menacé les ami(e)s et parent(e)s de la femme
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Il a déjà été violent envers un animal ou tué un animal domestique.
Si la femme est dans une situation à haut risque et qu'elle projette de quitter son conjoint, il faut établir un plan de sécurité.
50% des enfants de familles où il y a violence conjugale sont eux-même violentés.
L'enfant peut être battu intentionnellement, utilisé comme moyen d epression ou comme arme, ou blessé accidentellement en recevant un coup qui ne lui était pas destiné, par projection au sol, ou contre un obstacle s'il était trop près du couple.
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Les enfants assistent-ils aux scènes violentes ?
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Ont-ils déjà été blessés ?
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Votre conjoint menace-t-il de blesser, tuer ou kidnapper les enfants ?
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Que ferez-vous des enfants si vous partez ?
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Avez-vous un endroit où les placer en attendant que la situation se stabilise ?
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Menace-t-il de s'en prendre aux enfants ?
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Les frappe-t-il ?
Autonomie, isolement, environnement :
Emprise du conjoint :
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Vous accompagne-t-il lors de vos sorties ?
- Est-il présent chaque fois que vous pourriez parler à quelqu'un ?
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Vous empêche-t-il de consulter un médecin ?
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Devez-vous lui cacher que vous consultez ?
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Est-il extrêmement jaloux ou possessif ?
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Est-ce que votre famille ou vos amis vous aident ?
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Connaissent-ils votre situation ?
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Que vous disent-ils par rapport à ça ?
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Y a-t-il quelqu'un de confiance dans votre entourage à qui vous puissiez vous confier ou chez qui vous pouvez vous réfugier si nécessaire ?
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Avez-vous déjà contacté un travailleur social, la gendarmerie, la police, un avocat, un autre médecin ou une association ?
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Quelqu'un vous a-t-il conseillé de les contacter ?
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des membres d'associations spécialisées dans la lutte contre la violence conjugale et l'aide aux victimes,
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une écoute téléphonique,
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la gendarmerie, la police,
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un(e) avocat(e),
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un(e) assistant(e) social,
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un(e) psychologue.
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Les services d'urgences médicales et/ou chirurgicales,
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Les services d'urgences médico-judiciaires,
- les professionnels de santé.
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Avez-vous à votre disposition suffisamment d'argent ?
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Qui dispose de l'argent du couple ?
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Qui est propriétaire de votre logement ?
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Avez-vous un salaire qui vous est propre et en disposez-vous ?