La question est plus complexe
qu'il n'y parait. En effet, certaines formes de violence sont
difficiles à identifier. Les violences ne se
résument pas aux coups, elles existent sous de nombreuses
formes.
Les femmes sont plus particuliérement
vulnérables à trois types de violences :
- la violence
interpersonnelle (infligée par une personne sur
une autre), violence conjugale, violence domestique, et notamment la
violence à caractère
sexuel, qui comprend :
- la
violence conjugale : exercée par le partenaire,
et même lorsqu'il y a rupture.
Deux types de violence conjugale existent : " le
terrorisme conjugal" et la "violence situationnelle".
- La violence grave
qui s'effectue dans "un contexte de terrorisme conjugal" se
définit par la volonté d'anihiler la compagne,
psychologiquement et physiquement. Cette violence-là
provient majoritairement des hommes.
- La "violence situationnelle",
elle, renvoie soit à l'autodéfense, soit
à la violence réciproque, soit à la
lutte pour le pouvoir des deux conjoints.*
Il n'y a pas de profil type de femme victime de violences ou
d'agresseur, toutes les classes sociales, de revenus, de niveaux
d'études sont quasiment également
représentées. Cependant, les situations de
violences sont agravées quand l'un des conjoints est au
chômage.
la violence conjugale est un processus au cours duquel un partenaire
utilise la force ou la contrainte pour perpétuer et/ou
promouvoir des relations de domination.
Ces comportements agressifs et violents ont lieu dans le cadre
d'une
relation de couple (entre partenaires ou ex-partenaires) et sont
destructeurs quelle qu'en soit leur forme et leur mode.
A la différence du conflit conjugal classique, la relation
entre les deux
partenaires est inégalitaire. Cette violence
récurrente
est toujours dirigée contre la même personne.
Selon la Commission Européenne, dans plus de 98% des cas, la
violence est le fait de l'homme. Le reste est commis le plus souvent
par des femmes en situation de rébellion contre un conjoint
ou ex-conjoint violent, ou dans une tentative de défense.
Chiffres extraits du dossier de presse du Ministère
accompagnant le lancement du n° d'appel national "3919", en
2007 :
"En France, en 2006, 168 personnes sont
décédées, victimes de leur compagnon
ou compagne.
- 137 femmes décédées de
violences conjugales : 1 femme tous les 3 jours
- 31 hommes décédés : 1 homme
tous les 13 jours (les
¾ battaient leur femme).
Sur les 29 femmes auteurs sur des hommes (16 en zone police et 13 en
zone gendarmerie) qui ont été
recensées, 15
d’entre elles étaient victimes de violences de la
part de
leur partenaire (dont 12 en zone police).
- 228 victimes au total : 11 enfants, 3 adultes proches des
victimes ont
également été tués et 46
auteurs se sont suicidés. "
Note de l'auteur
: je
remarque que les suicides de femmes
maltraitées ne sont pas comptés : le chiffre de
la
mortalité exploserait alors. En moyenne 10000
personnes se suicident chaque année en France,
et le taux de suicide chez
les femmes violentées est cinq fois supérieur
à la
moyenne.( 25 fois plus selon certaines sources). Le silence
sur cette réalité montre
qu'un
tabou très lourd pèse encore sur l'acte du
suicide. Une méconnaissance des vrais moteurs qui condamne
au
silence, à la souffrance et au désespoir :"si
vous avez
des pensées de suicide, c'est que vous êtes une
malade"..." la dépression est une maladie"... " quand les
gens
sont malades, vous savez"..." vous faites souffrir votre
entourage"........la boucle est bouclée par l'image que vous
renvoie le plus souvent la société, le corps
médical, tous ceux vers qui vous lancez vos sos, image qui
entre
en résonnance avec celle que vous assène votre
conjoint
violent, dominateur et destructeur.
Une extrapolation simple permet une approche du nombre des
femmes poussées au suicide. Le nombre total de femmes
décédées directement ou indirectement
de violences
conjugales grimpe à 762 par an, soit 2 femmes par jour.Voir
paragraphe " les
chiffres, le choc".
Rappel à la loi : loi sur l'incitation au suicide
et la non-assistance à personne en danger. Quid de son
application ?
Extrait du manifeste du 8 mars, initié par des
médecins engagés dans la lutte contre les
violences
conjugales. Lire le manifeste, signer la
pétition.
"Une situation des plus
inquiétantes :
Les violences conjugales, les violences
sexuelles, les
violences au travail, sont des processus au cours desquels une personne
utilise la force ou la contrainte pour promouvoir des relations
hiérarchisées et de domination. Violences
physiques, psychologiques,
sexuelles et économiques sont autant de moyens
utilisés par l’agresseur
pour établir un contrôle permanent sur la victime.
Dans la grande
majorité des cas, les victimes sont des femmes.
Le recours à la violence n’a qu’un
objectif : le contrôle et la
domination de l’autre. L’agresseur utilise toutes
les formes de
violences nécessaires pour établir cette relation
de domination. La
victime est maintenue sous l’emprise de
l’agresseur, isolée
physiquement et socialement, détruite physiquement et
psychologiquement. La peur est le lot quotidien de ces femmes, la honte
et le sentiment de culpabilité qu’elles ressentent
les amènent à se
taire et à subir encore plus ces violences. Ces personnes
fragilisées,
restent isolées et connaissent insuffisamment les recours
possibles.
Les professionnels
médico-sociaux, policiers et judiciaires
n’assurent
pas l’accompagnement qu’ils devraient. Les
associations d’aides et de
soutien sont insuffisantes et ne bénéficient pas
de suffisamment de
moyens."
Lire le manifeste, signer la
pétition.
- la
violence domestique : exercée par un membre de
la famille dans l'espace privé.
- la violence
institutionnelle : qui regroupe les lois et les pratiques
discriminétoires, ou des partiques de maltraitance
institutionnelle.
- la violence
sociale et économique : qui touche
particulièrement les femmes et les conduit parfois dans une
situation très précaire.
* Source Michael P. Johnson, psyhologue
américain, en 2000.
C'est dans la vie de couple que les femmes subissent le plus
de violences physiques, psychologiques et sexuelles. *
* Source enquête ENVEFF disponible
sur www.ined.fr/publications/pop_et_soc/pes364/index.html
(ENVEFF :Enquête Nationale Envers les Femmes en France).
" A l'origine de la violence domestique, on
trouve
à la fois des facteurs sociaux et une
vulnérabilité psychologique. Cependant, la
vulnérabilité psychologique, sans la facilitation
apportée par le contexte social, ne suffit pas à
rendre un homme violent, analyse Marie-France Irigoyen, psychiatre et
psychanalyste, dans Femmes
sous emprise. Les ressorts de la violence
dans le couple. Oh! Editions. Ces violences ne seraient pas
possibles si leurs conditions objectives n'étaient pas
déjà installées par le
sytème social."
Les
chiffres : le choc.
Les chiffres réels :
Population française en 2007: 63 millions de
français, dont 31 millions de femmes, et
environ 25 millions de femmes entre 20 et 50 ans.
1 femme sur 10 est
victime de violences conjugales, soit 2.500000 femmes.
Chiffres nationaux des suicides :10.000 suicides par an sur une
population de référence de 40
millions de français adultes
représentent 0,025 % de
la population adulte, hommes et femmes confondus (taux de suicide
moyen en France).
Le
taux de suicide est 5 fois plus élevé ( 25 fois
plus selon certaines sources) chez les
femmes
victimes de violences conjugales soit 0,025 *5 = 0,125 % de la
population de
femmes maltraitées
0,025*2.500000 /100 =
625
femmes maltraitées suicidées par an.
Ajoutées ax 137 femmes tuées suite aux violences
conjugales :
762 femmes
meurent directement ou indirectement de
violences conjugales chaque année, soit, non plus 1 femme
tuée tous les 3
jours, mais 2 femmes
décédées par jour !
Recours aux services de santé (d'après une
étude
américaine, puisque l'Europe n'a que très peu
d'études).
- 22
à 35 % des femmes qui consultent dans les services d'urgence
présentent des symptômes consécutifs
aux mauvais
traitements.
- 2% des femmes victimes de violences conjugales sont
identifiées aux urgences.
- 28% des
femmes
s'adressant à des dispensaires de médecine
interne ont
subi des violences de leur partenaire à un moment ou un
autre de
leur vie.
- 10 à 32% des femmes examinées dans
les services de
gynécologie obstétrique ont une histoire de
violence
domestique.
- 53
à 72% des femmes
hospitalisées dans un service de psychiatrie sont des femmes
maltraitées par leur conjoint. (Mazza, 1996).
- 40
à 60 % des femmes victimes de violence conjugale a
consulté un psychiatre. (Bergman, 1987).
- Enfin, un
chiffre français : il y a cinq fois plus de
suicides chez les femmes victimes de violences conjugales que
la moyenne nationale. (25 fois plus selon certaines sources).
L'anxiété,
une dépression ou une tentative de suicide
- sont
des réponses à la violence
psychologique, à la terrreur et au danger.
- Ils sont aussi la conséquence
d’une situation
où la femme se sent dans
l’impossibilité de fuir le contrôle de
son
partenaire maltraitant et où elle perçoit
l’incertitude de son avenir.
- idem pour les enfants et adolescents dans ce contexte.
L'abus de substances :
tabac, alcool,
drogues, médicaments à visée
antalgique ou psychique peut être
interprété comme un comportement ou une tentative
d’automédication pour
faire face à l’anxiété et
à la violence qui la provoque.
Quelques
chiffres, d'après l'enquête de l'ENVEFF,
menée en
2000 auprès de 6970 femmes agées de 20
à 59 ans.
- 10% des femmes ont été en situation
de violence
conjugale au cours des 12 mois précédents
l'enquête. 1 femme sur 10. Plus
précisémment :
- 8% des femmes ont été victimes de
harcèlment
psychologique. Entrent dans cette catégorie les femmes pour
lesquelles plus de trois des actes suivants ont
été
commis "souvent" dans l'année par leur conjoint :insulter, injurier, menace d'emmener les
enfants, contrôler les sorties ou les relations,
imposer des comportements, mépriser, dévaloriser,
dénigrer, brimer, mettre à l'écart,
menacer, faire
du chantage affectif etc.
- 2,5% des sondées déclarent avoir subi
une agression
physique au moins une fois dans l'année
(brutalités,
menaces à l'aide d'une arme, tentative d'assassinat). Et
1,4%
des personnes interrogées mensionnent des agressions
répétées.
- des agressions sexuelles ont été
déclarées par 0,9% des
enquêtées (relations
sexuelles forcées, gestes sexuels imposés).
L'étude statistique montre également que
certaines femmes
cumulent différents types de violences dans l'espace
privé.
Pourtant, le silence
règne : près de la moitié des
femmes interrogées ont parlé de ces agressions
pour la
première fois lors de l'enquête.
D'autres se sont
probablement tues, ou n'ont pas reconnu le système dans
lequel
elles sont retenues sous emprise.
Conclusion
Agressions sexuelles, violence conjugales, harcèlement
sexuel,
traite des personnes, mutilations génitales, infanticides,
mariages forcés, "crimes d'honneur", crimes "pour cause de
dot",
inégalité dans l'accès à
l'éducation, aux revenus et aux postes à
responsabilité : certaines violences touchent
particulièrement voire exclusivement les femmes.
Parce qu'un schéma de pensée universellement
répandu confine la femme dans le rôle de
dominée,
et enferme l'homme dans un statut préhistorique.
Les lois et les mentalités commencent à
évoluer,
des études sont menées, mais trop de blocages et
de
menaces pèsent encore sur les femmes. Il existe des
ressources,
en chacun de nous, dans nos cultures et sociétés,
pour
avancer.
A nous de préparer les nouvelles
générations.
*
Isabelle
Voidey, agée de 42 ans, de formation initiale scientifique
et
technique, aéronautique, puis formée en sciences
humaines, économie familiale, relation d'aide, à
travaillé dans le privé et dans le secteur
public, dont
quelques années passées aux commissions de
surendettement
de la Banque de France où elle a pu mettre en oeuvre des
facultés à concilier des interêts
contradictoires,
navigant entre le désespoir des familles d'un
côté,
et la pression des créanciers de l'autre, tout en
repérant
quelques personnes indélicates et manipulatrices au passage.
Elle a travaillé aussi auprès d'organisations
humanitaires comme la Croix Rouge et un organisme caritatif. Elle a
été membre d'équipage-sauveteur sur
les vedettes
de sauvetage de la SNSM et a effectué le tage national
d'intervention au large. Elle est
aussi sauveteur en
équipe dans les services de secours d'Etat comme
sapeur-pompier.
Elle est monitrice d'Etat de secours grand public,
diplômée pour former des équipes de
secours et assurer leur formation continue. Elle est aussu
rédactrice d'articles, de récits, des nouvelles,
dont
certains ont interessé des éditeurs, et
photographe
amateur.
Elle a connu
directement les violences conjugales sous toutes ses formes,
traversé des chocs particulièrement destructeurs:
agression
agravée, frôler la mort, deuil de son
fiancé
pilote hélico-sauveteur tué en mission, douleur
de la
perte de ses enfants, perte d'emploi, se retrouver du jour au lendemain
à la rue sans ressources avec deux valises après
avoir
atteint un niveau professionnel aisé, procédures
judiciaires
destructrices, puis frappée par une maladie grave,
tout
cela dans la plus grande solitude à cette époque.
Isabelle a survécu, reconstruit sa vie, et
développé des facultés de rebond
exceptionnelles.
Elle n'éprouve aucun sentiment négatif de
colère,
ressentiment ou amertume, qui ronge souvent les gens de
l'intérieur et les prive d'une énergie utile
à
leur reconstruction. Elle vit plus heureuse, une vie plus profonde et
authentique dépouillée de tout ce qui
était
finalement superficiel, développe son relationnel,
des
activités pour son bien-être et pour autrui,
s'épanouit, et souhaite aujourd'hui partager avec
vous les
méthodes qu'elle a développé au fil
des
années, de l'expérience au quotidien, de ses
recherches,
pour vous aider à supporter vous aussi les chocs de la vie
et
faire naître une nouvelle vie toute neuve et plus belle, ou
simplement pour améliorer votre condition d'être
et de
vie actuelle.
"Je suis comme vous, je n'ai rien de plus. Si j'ai pu y arriver,
vous aussi vous le pouvez, et chaque être humain à
droit
à une autre chance.
J'espère que vous partagerez en retour avec moi vos
succès, obtenus grâce à ce site et
votre
travail personnel. J'ai déjà reçu de
nombreux
témoignages de remerciements, et j'espère
pourvoir les
publier (anonymement), pour servir d'exemple et d'encouragement
à celles et ceux qui abordent cette question pour la
première fois,
pour qu'ils "osent devenir" !"
Homme
ou femme, personne victime ou violente :
Osez
Devenir ! Vous le pouvez !
Si la
violence conjugale est l'affaire de tous, en sortir est à la
portée de chacun !